Disparitions / Disappearances

Disparitions est une série de quatre-vingt dix-neuf portraits dessinés mesurant 9 x 12 cm. Quatre-vingt dix-neuf portraits inventés tentant de restituer le souvenir d'hommes et de femmes internés à Auschwitz, ceux qui ne furent pas immédiatement gazés à leur arrivée au camp mais photographiés sous plusieurs angles, dûment enregistrés par une administration pointilleuse.

Quatre-vingt dix-neuf dessins qui imitent ces photographies d'identité pas toujours réussies, sous-exposées ou surexposées, rayées, tachées, trouées, floues, superposées par erreur. Un cliché de profil avec un panneau d'identification, un cliché de face, un de trois quarts avec un chapeau pour les hommes ou un foulard pour les femmes, et parfois une paire de lunettes.

Les quatre-vingt dix-neuf portraits de la série Disparitions sont classés du plus sombre au plus clair. Semblant surgir de la nuit ils s'éclairent lentement, deviennent identifiables malgré les imperfections du tirage, puis s'éclaircissent irrémédiablement avant de disparaître. Le dernier portrait de la série montre un tirage quasiment blanc, dont l'image s'est presque entièrement effacée avec le temps.


"Disappearances" is a series of ninety nine drawn portraits measuring 9 x 12 centimeters. Ninety nine invented portraits attempting to restore the memory of men and women interned in Auschwitz, those who were not gassed immediately upon arrival at the camp but photographed from several angles, duly recorded by a punctilious administration.

Ninety nine drawings that imitate these not always successful identity photographs, underexposed or overexposed, scratched, stained, torn, blurred, superimposed by mistake. A lateral view with an identification sign, a front view, a three-quarter view with a hat for men or a scarf for women, and sometimes a pair of glasses.

Ninety nine portraits of the "Disappearances" series are presented from darkest to lightest. Seemingly emerging from the night, they light up slowly, becoming identifiable despite the prints' imperfections, then become irretrievably brighter before vanishing. The last portrait in the series shows an almost white print whose image has almost completely faded with time.